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Sauvez l'esturgeon

L'esturgeon européen est protégé par la loi depuis 1982. C'est l'espèce de poisson européen la plus menacée : il ne resterait plus que quelques centaines d'individus. Sa dernière reproduction date de 1994 dans le bassin versant Gironde-Garonne-Dordogne. Les causes de sa disparition sont la surpêche, les barrages et la pollution. Deux centres de recherche travaillent actuellement sur cette espèce : le Cemagref (de Cestas) et l'IGB (Institut de recherche sur l'eau douce de Berlin). Un plan de sauvegarde animé par le WWF (World Wide Fund) est actuellement en cours de création à échelle européenne et un plan de restauration a été initié en 2007 en France.

 

Le plan européen prévoit 4 axes de travail :

  • La conservation de l’esturgeon dans son milieu naturel : ce volet vise d’une part le contrôle de l’échappement accidentel dans le milieu d’autres espèces d’esturgeons (élevées en bassins pour le caviar) pour éviter des risques de compétition, voire d’hybridation, avec l’espèce autochtone sauvage. Une mesure mal engagée en France lorsque l’on sait que l’Etat a récemment introduit dans sa législation la possibilité d’importer sur son territoire toutes les espèces d’esturgeons. Mais l’action principale pour conserver l’esturgeon dans son milieu naturel est de réduire les risques de captures accidentelles par les marins pêcheurs. Une vaste campagne d’information est conduite depuis 2006 par le Comité National des Pêches Maritimes et des Elevages Marins auprès des pêcheries de tout le littoral atlantique nord-est, de l’Espagne jusqu’aux pays scandinaves, pour demander aux pêcheurs de remettre à l’eau tout esturgeon capturé accidentellement (vivant dans la plupart des cas) et de faire remonter des informations sur le poisson et le lieu de capture afin de faire progresser les connaissances sur l’espèce.
  • La protection et la restauration des habitats essentiels de l’esturgeon : ce volet nécessite notamment de restaurer des zones de frayères, d’arrêter les extractions de sables et graviers dans les zones d’alimentation estuariennes des jeunes esturgeons, d’améliorer la qualité de l’eau, de rétablir la libre circulation de l’esturgeon le long des fleuves… Autant de mesures qui bénéficieront à de nombreuses autres espèces, à condition de bien identifier et cartographier tous ces habitats essentiels et que les pouvoirs publics des pays européens osent prendre à bras le corps les questions sensibles et complexes posées par les barrages, les pollutions industrielles, les pompages agricoles pour l’irrigation, etc.
  • La conservation de l’esturgeon en captivité et sa réintroduction dans la nature est une question complexe. On ne pourra pas sauver cette espèce sans des lâchers massifs de jeunes poissons dans les milieux naturels qui leur sont favorables. Il est donc nécessaire d’améliorer encore certaines connaissances sur la biologie de l’esturgeon, d’élever et de faire se reproduire cette espèce en captivité, en s’appuyant sur les compétences des scientifiques qui ont travaillé sur le sujet et développent des techniques de reproduction assistée (en France au Cemagref de Bordeaux, en Allemagne à l’Institut d’Ecologie des Eaux douces de Berlin; l’IGB).
  • La coopération internationale : on ne pourra pas sauver l’esturgeon européen sans reconstituer des populations viables dans plusieurs bassins fluviaux de plusieurs pays, ni sans coordonner les efforts des marins pêcheurs de toute la façade atlantique, ni sans renforcer et développer les collaborations entre les scientifiques et décideurs des différents pays concernés. Le plan d’action européen offre un cadre de travail mais à ce jour, il manque cruellement de chef d’orchestre pour impulser et coordonner enfin une dynamique à l’échelle de l’aire de répartition historique de l’esturgeon.

 

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